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George Gershwin

Brooklyn, 26 septembre 1898
Los Angeles, 11 juillet 1937

 
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biographie
(approfondissement)

Avec Ravel

Avec Ravel

( Jacob Gershovitz), Américain
Né à Brooklyn le 26 septembre 1898
Mort à Beverly Hills Californie le 11 juillet 1937

A) Oeuvre pour orchestre
B) Oeuvre pour piano
C) Oeuvre lyrique

Blue Monday

  • Ouverture and prologue
  • Blue monday blues
  • Has one of you seen Joe
  • Blue monday blues (reprise)
  • I’m going to see my mother
  • Dance
  • Vi, I’m expecting a telegram

Angel

OH, KAY 1926

  • Overture
  • The Woman's Touch
  • Don't Ask
  • Dear Little Girl
  • Maybe
  • Clap Yo' Hands
  • Do, Do, Do
  • Bride And Groom
  • Someone To Watch Over Me
  • Fidgety Feet
  • Heaven On Earth
  • Oh, Kay!
  • Finale
  • Maybe
  • Someone To Watch Over Me
  • Clap Yo' Hands

Angel

Porgy and Bess , 1935 .

Une popularité aussi universelle que celle de George Gershwin repose sur quelques malentendus et de solides raisons. Autodidacte face à la musique classique dont il adopte les formes – Rhapsody in Blue, Concerto pour piano en fa majeur, Un Américain à Paris, Ouverture cubaine... –, il n’apporte en effet aucune innovation harmonique ni contrapuntique, et, s’il emprunte au jazz son swing, ses carrures rythmiques et l’exotisme de ses couleurs, cette influence n’est que lointaine. Mais Gershwin est un fabuleux homme de scène et l’un des plus irrésistibles mélodistes de l’histoire musicale américaine : une douzaine de comédies musicales et d’innombrables chansons en témoignent. Avec son opéra Porgy and Bess, créé en 1935, il introduit pour la première fois dans le monde fermé de l’opéra « blanc » la vie et le langage du petit peuple noir, avec les rutilances de l’orchestre et la splendeur des voix. Rarement union des musiques savantes et populaires aura été aussi réussie.

Argument

L’action de Porgy and Bess, opéra en trois actes (neuf tableaux) sur un livret de DuBose Heyward et Ira Gershwin d’après la pièce Porgy de DuBose et Dorothy K. Heyward, elle-même tirée du roman Porgy de DuBose Heyward, se déroule dans les années 1920 à Catfish Row, quartier du vieux port de Charleston (Caroline du Sud) habité par les Noirs.

Acte I

Scène 1. Un soir d’été à Catfish Row. Dans une cour, chants et danses s’improvisent (« Jasbo Brown Blues »). Clara (soprano) chante une berceuse à son bébé (« Summertime an’ the livin’ is easy »). Quelques hommes, parmi lesquels Robbins (ténor) et le revendeur de drogue Sportin’ Life (ténor), jouent aux dés. Le mari de Clara, Jake (baryton) tente à son tour de calmer son fils avec une ballade moqueuse (« Yes, a woman is a sometime thing »). Arrive le mendiant cul-de-jatte Porgy (baryton-basse), puis Crown (baryton) et sa maîtresse Bess (soprano). Les esprit s’échauffent et Crown porte un coup fatal à Robbins. Il s’enfuit, abandonnant Bess, que Sportin’ Life tente d’entraîner : elle frappe à toutes les portes mais seul Porgy lui offre sa protection.

Scène 2. Le corps de Robbins repose dans la chambre de sa femme Serena (soprano). En déposant leur obole pour les obsèques, les voisins chantent un chœur en forme de negro spiritual (« An’ he’s gone, gone, gone »). Deux policiers font irruption. Un vieil homme, Peter (ténor), affirme avoir vu Crown tuer Robbins ; il est emmené comme témoin. La veillée funèbre reprend avec l’émouvant « My man’s gone now » que chante Serena. Bess, enfin acceptée par la communauté, entonne un vibrant « Oh, we’re leavin’ for the Promise’ Lan’ ».

Acte II

Scène 1. À Catfish Row un mois plus tard, à l’époque des tempêtes. Jake et d’autres pêcheurs, poussés par la nécessité, se préparent à sortir en mer. Rayonnant de bonheur, Porgy sort de sa chambre (« Oh, I got plenty o’ nuttin’, an’ nuttin’s plenty fo’ me. »). Sportin’ Life rôde alentour. Un prétendu homme de loi, Frazier (baryton), vend à Porgy l’acte de divorce de Bess... qui n’a jamais été mariée à Crown ! Un busard qui plane au-dessus des toits apparaît comme un sinistre présage pour Porgy (Chanson du busard : « Boss, dat bird mean trouble. »). Pourtant tout le monde se prépare dans l’allégresse au pique-nique traditionnel qui doit avoir lieu dans l’île de Kittiwah. Porgy, qui écarte une nouvelle fois Sportin’ Life et sa drogue, entame avec Bess un long duo d’amour (« Bess, you is my woman now ») et la persuade d’aller s’amuser avec les autres. Bess rejoint la foule qui embarque gaiement (« Oh, I can’t sit down »).

Scène 2. Le soir est tombé sur la fête à Kittiwah. Sportin’ Life chante l’ironique et cynique « It ain’t necessarily so ». Serena rappelle que le bateau du retour va partir. Bess s’attarde, Crown surgit des bois où il se cachait ; il lui demande de le suivre. Elle proteste tout d’abord car Porgy a besoin d’elle (« Oh, what you want wid Bess ? »), mais finit par céder.

Scène 3. Catfish Row, avant l’aube, une semaine plus tard. Jake part en mer. On entend Bess, malade, délirer ; Porgy, Serena, Peter enfin libéré et les autres voisins prient pour sa guérison. Le jour se lève ; Porgy avoue à Bess, qui sort de sa chambre, qu’il connaît sa fugue avec Crown mais qu’il l’aime toujours. Bess voudrait rester au côté de Porgy (« I loves you Porgy »), mais comment résister au charme de Crown s’il revenait ? La tempête éclate.

Scène 4. Le lendemain à l’aube ; les flots sont toujours en furie. Tous sont rassemblés dans la chambre de Serena pour prier (remarquable superposition de six prières : « Ah, Doctor Jesus », « Oh, Lawd above », « Oh, Heav’nly Father », « Professor Jesus », « Oh, Captain Jesus », « Oh, Father »). Crown arrache Bess des bras de Porgy. Serena le menace de la colère de Dieu ; Crown n’en a cure et défie le ciel en chantant un insolent « A red-headed woman ». Soudain, tous voient par la fenêtre s’engloutir le bateau de Jake ; ils n’osent braver les éléments, sauf Crown, qui s’élance dans la tourmente à la suite de Clara, en promettant à Bess de revenir.

Acte III

Scène 1. À Catfish Row, la nuit suivante ; le calme est revenu. On est sans nouvelle de Clara, de Jake et de Crown. Mais ce dernier surgit. Malgré son handicap, Porgy l’affronte dans un combat sans merci. L’amour décuple ses forces et il parvient à le tuer.

Scène 2. Dans l’après-midi, la police tente d’obtenir de Serena des renseignements sur la mort de Crown. Porgy doit suivre le détective pour identifier le corps. Bess est désemparée, Sportin’ Life affirmant que Porgy va être pendu ou emprisonné durant des années. Un peu de drogue et une peinture idyllique de la vie qu’ils pourraient mener tous deux à New York (« There’s a boat dat’s leavin’ soon for New York ») font le reste : Bess suit son nouveau séducteur.

Scène 3. Une semaine plus tard, Porgy, sorti de prison, revient à Catfish Row. D’humeur joyeuse, il a des cadeaux pour tous et, surtout, une belle robe pour Bess, qui ne répond pas à ses appels. Tous se dérobent. Clara et Serena tentent de le faire revenir à la réalité : cette femme, qui n’est pas pour lui, est partie pour New York avec le diable en personne. Porgy ne veut rien entendre (« Oh, Bess, oh, where is my Bess »). Il attelle alors la chèvre à son chariot et prend la route, décidé à retrouver Bess avec l’aide de Dieu (« Oh, Lawd, I’m on my way »).

Du roman à l’« opéra populaire »

DuBose Heyward publie en 1925 le livre qui fera sa célébrité outre-Atlantique, Porgy. Ce roman retrace l’histoire d’un noir estropié dans les bas-fonds d’une grande ville de Caroline du Sud. Dès 1926, George Gershwin fait part à l’auteur de son désir de transformer l’œuvre en opéra. Mais c’est d’abord une version théâtrale qui voit le jour, le 10 septembre 1927, au Theater Guild de New York : la pièce y sera représentée 367 fois. Obstiné, le compositeur reprend contact avec l’écrivain. En 1933, il emporte de haute lutte les droits d’adaptation malgré la concurrence de deux grands faiseurs d’opérettes, Jerome Kern et Oscar Hammerstein. George Gershwin multiplie alors en 1933 et 1934 les rencontres avec le romancier, à Charleston, notamment. Tandis que son frère Ira travaille le livret avec DuBose Heyward, George s’imprègne de l’atmosphère locale, des chants d’église, du parler et des improvisations syncopées du petit peuple noir. La partition d’orchestre est écrite entre septembre 1934 et septembre 1935. Pour préparer l’œuvre à une longue carrière à Broadway et dans les petits théâtres privés – Porgy and Bess, qu’il qualifie de folk opera (« opéra populaire ») n’est à ses yeux pas destiné aux maisons d’opéra –, Gershwin met à profit les répétitions pour supprimer une scène initiale, remanier son orchestration et procéder à quelques coupures dans le finale.

Porgy and Bess est créé le 30 septembre 1935 au Colonial Theater de Boston sous la direction d’Alexander Smallens, avec, dans les principaux rôles – l’œuvre compte quelque 25 personnages –, Anne Brown (Bess), Todd Duncan (Porgy), Ruby Elzy (Serena), Abbie Mitchell (Clara), Warren Coleman (Crown), John W. Bubbles (Sportin’ Life). La première à New York a lieu, avec la même troupe, le 10 octobre suivant, à l’Alvin Theater de Broadway. Malgré ses 124 représentations d’affilée dans ce théâtre, c’est un semi-échec, tant pour le public que pour la critique. Des voix s’élèvent, parmi lesquelles celle de Duke Ellington – qui utilisera ultérieurement les thèmes les plus célèbres de l’ouvrage –, pour condamner l’image stéréotypée que Gershwin donne de la population noire et regretter que l’œuvre ne soit en fait qu’une suite de chansons, une critique qui sera, à tort, fréquemment reprise. Porgy est en effet un authentique opéra, dramatiquement cohérent et utilisant toutes les ressources du genre : arias, récitatifs, chœurs, leitmotivs.

Porgy and Bess ne sera repris qu’après la mort de George Gershwin, d’abord par Merle Armitage en Californie (1938), puis, longuement, à New York et en tournée dans tous les États-Unis, par Cheryl Crawford dans les années 1940. Une nouvelle production, qui triomphe entre 1952 et 1958 dans les plus grandes villes américaines, lance dans la carrière lyrique la jeune Leontyne Price. L’Europe ne découvrira la partition qu’en 1952, avec les premières à la Volksoper de Vienne (7 septembre), au Titania de Berlin (18 septembre) et au Stoll Theater de Londres (9 octobre). Paris l’accueille l’année suivante au théâtre de l’Empire (16 février 1953), avec le chef de la création et une distribution où brillent notamment Leontyne Price (Bess) et Cab Calloway (Sportin’ Life). Consécration suprême sur le Vieux Continent : le 22 février 1955, Smallens dirige la première de Porgy à la Scala de Milan. En 1959, Otto Preminger en réalise un film avec Sidney Poitier (Porgy), Dorothy Dandridge (Bess) – ces deux comédiens étant respectivement doublés pour le chant par Robert McPherrin et Adele Addison – et Sammy Davis Jr. (Sportin’ Life). Le Houston Grand Opera en offre en 1976, au théâtre comme au disque, une version de référence, avec, sous la direction de John DeMain, Donnie Ray Albert (Porgy), Clamma Dale (Bess), Andrew Smith (Crown), Wilma Shakesnider (Serena), Betty Lane (Clara) et Larry Marshall (Sportin’ Life). Ce spectacle voyagera dans le monde entier. L’enregistrement de DeMain n’est concurrencé que par celui que Simon Rattle effectue en 1992 à la tête de l’Orchestre symphonique de Londres, et qui fait suite aux représentations qu’il a dirigées au festival de Glyndebourne en 1986 et 1987, puis au Covent Garden de Londres à l’automne de 1992 ; cette version rassemble Willard White (Porgy), Cynthia Haymon (Bess), Gregg Baker (Crown), Cynthia Clarey (Serena), Harolyn Blackwell (Clara) et Damon Evans (Sportin’ Life).

D’innombrables jazzmen et artistes de variété ont improvisé sur les thèmes de Porgy and Bess : en 1957, Ella Fitzgerald et Louis Armstrong signent un enregistrement illustre où, dans un arrangement symphonique de Russ Garcia, ils en interprètent les principaux airs ; en 1958, Miles Davis offre un autre album célèbre, dans la superbe réécriture orchestrale que propose Gil Evans. Il faut également mentionner les enregistrements de Harry Belafonte et Lena Horne (1959), Sammy Davis Jr. et Carmen McRae (1959), Ray Charles et Cleo Laine (1976).

Pierre Breton

Musicographe

Version avec Louis Armstrong \ et Ella Fitzgerald 1957

  • Ouverture **
  • Summertimme ***
  • I want to stay here
  • My man’s gone now
  • I Got plenty o’nuttin**
  • Buzzard Song
  • Bess, you is my women now**
  • It ain’t necessarily so
  • What you want wild Bess,
  • A women is a sometime thing
  • Oh, doctor jesus
  • Medley : Here comme de honey man – Crab man – Oh, Dey’s so freshan fine
  • There’s a boat dat’s leavin’soon for NewYork
  • Bess, Oh where’s my Bess?
  • Oh Lawd, ‘m on my way

C° Verve

Gershwin peintre devant son portrait de Schonberg
Gershwin peintre devant son portrait de Schonberg

texte de Didier Descouens (email)
mailto: italianopera

A) Oeuvre pour orchestre
B) Oeuvre pour piano
C) Oeuvre lyrique

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